El buen vestir | Tlakentli
Alliant danse et théâtre, El buen vestir-Tlakentli propose un voyage à travers la généalogie et les univers hybrides où les langues coloniales et autochtones cohabitent. Partant de la métaphore du costume, d’une photographie et de la notion de conformité aux règles sociales, les créateurs explorent les « secondes peaux » dont on se revêt, questionnant les legs coloniaux et le risque de l’effacement identitaire. Quelle appartenance à « l’Amérique du Nord autochtone » se forme en traversant les frontières ? Présenté dans les trois langues coloniales, en français, en anglais et en espagnol, le spectacle intègre également la poésie en langue innue de Joséphine Bacon.

El buen vestir-Tlakentli, c’est d’abord la rencontre entre deux danseurs, comédiens et chorégraphes autochtones d’origine mexicaine et immigrés au Canada, Leticia Vera et Carlos Rivera. Leur intégration au sein de leur nouvelle terre d'accueil les confronte à une perte de repères et est source de questionnements identitaires autour de leur ascendance nahua et mixtèque (peuples autochtones du Mexique).

C’est aussi comme point de départ, une photo prise dans les années 1940 présentant des membres de la famille de Leticia Vera dans laquelle un couple et leurs enfants posent stoïquement en studio : leurs traits physiques sont typiquement autochtones, mais ils sont vêtus à l’européenne. Cette image rappelle les photographies prises dans les pensionnats autochtones, qui documentaient étape par étape le processus d’assimilation. C’est aussi une photographie qui témoigne des pressions subies par les Autochtones pour qu’ils se conforment aux règles sociales des Blancs.

De là surgit la prémisse de El buen vestir-Tlakentli : la métaphore du costume, signifiant à la fois vêtement et déguisement. Une démarche s’enclenche alors pour interroger ce qui est occulté sous plusieurs couches de travestissements, pour retrouver l’héritage des ancêtres : la langue, la culture, les traditions. Ce sont ces legs que El buen vestir-Tlakentli propose de dévoiler un à un. Lever le voile, signifie retirer l’habit colonial occidental ; nommer les blessures, les séquelles de l’oppression, retrouver les valeurs ancestrales enfouies.

La recherche chorégraphique que propose le spectacle est également revendication et quête : « Les danses autochtones d’origine ont connu plusieurs métissages au cours des siècles et ont subi l’influence espagnole. L’intégration des chorégraphies de danse contemporaine aux danses traditionnelles questionne les manifestations d'hybridité.

El buen vestir-Tlakentli accorde, avec humour et franchise, une place privilégiée à l’onirisme, aux souvenirs, aux moments d’intimité et apporte une réflexion sur les échanges et rencontres qui se produisent entre Autochtones du continent américain, révèlant combien les formes d’aliénation vécues par les communautés autochtones du sud et du nord sont semblables.

LETICIA VERA – D’origine nahua du Mexique, elle se spécialise dans l’exploration de la dramaturgie corporelle et du mouvement, en création chorégraphique et interprétation scénique contemporaine. Elle est titulaire d’un diplôme d’Interprète en Danse Contemporaine de la Escuela Nacional de Danza Contemporánea de l’INBA (Institut national des Beaux-Arts) au Mexique. Installée à Montréal depuis 2006, elle y poursuit sa carrière, en tant qu’artiste indépendante, interprète et chorégraphe. Elle collabore activement aux projets artistiques de la compagnie de théâtre Ondinnok depuis 2010, au sein de laquelle elle a l’opportunité de développer un langage original et authentique.

CARLOS RIVERA – Il est danseur, chorégraphe, professeur, directeur de répétition et acteur. Il est originaire du Mexique de descendance mixtèque et maintenant basé à Toronto. Carlos détient un diplôme de la Escuela de Danza de la Secretaria de Cultura de la ville de Mexico où il a étudié la danse traditionnelle mexicaine et un diplôme en danse contemporaine et chorégraphie du Centro de Investigación Coreográfica–CICO. Il est très actif sur la scène de la danse canadienne depuis les 16 dernières années. Artiste associé avec Red Sky Performance, il est interprète et chorégraphe de nombreuses productions de la compagnie, dont Mistatim créé en 2015 où il tient le rôle principal. Les tournées avec Red Sky le porteront à travers tout le Canada et aux quatre coins du monde notamment en Chine, en Mongolie, en Australie, aux États-Unis, au Mexique, en Islande, en Suisse. Il participe également plusieurs fois en tant que danseur, professeur et chorégraphe au programme en danse autochtone du Banff Centre for the arts and creativity. Son oeuvre I’m not the Indian you have in mind est présentée dans le cadre de la série NextSteps en danse au Harbourfront Centre à Toronto en 2012. À l’automne 2016, il a été l’artiste sélectionné pour le programme Artist in Residence Training Program à l’École nationale de théâtre de Montréal.

ÉQUIPE DE CRÉATION
Mise en scène, création chorégraphique et interprète - Leticia Vera
Chorégraphe et interprète - Carlos Rivera
Musicien - Hugo Monroy Najera
Conseiller à la dramaturgie - Clément Cazelais
Directeur technique - Christian J. Gagnon
Conceptrice des costumes - Lorena Trigos
Concepteur sonore et vidéo - Jean-Marie Pinel
Conceptrice des éclairages - Chantal Labonté
Conseiller en mouvements et gestuelle corporel - Charles Koroneho
Poétesse innue - Joséphine Bacon
Berceuse et témoignages en Zapotèque - Teresa et Jose Orozco
Témoignage nahuatl - Ozvaldo
Directrice de production - Amélie Girard

El buen vestir | Tlakentli

  • Ondinnok 
  • Clientèle : Grand public 
  • Discipline : Théâtre 
  • Duree : 1 h 10 
  • Personnes sur scène : 2 
  • Groupe d'âge ciblé :  
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