Lignedebus
Sandy, Rachel, Jimmy, Daniela et Henry étaient à l’intérieur d’un autobus de ville quand une explosion y a eu lieu entraînant dans la mort tous les passagers. Les premières images sorties dans les médias et les réseaux sociaux sont celles de la caméra de surveillance de l’autobus et celles d’un iphone où l’on voit Jimmy, un jeune arabe, et Daniela, sa copine, entrer dans l’autobus avec un air louche et un sac au dos. Puis se sont succédées, sur toutes les chaînes de télévision, les images de la caméra de surveillance où l’on voit le sac de Jimmy exploser. Partout, dans tous les médias et avant même qu’il y ait eu enquête, on a conclu à un acte terroriste, on répand partout l’idée que Jimmy aurait tué une cinquantaine d’honnêtes citoyens… alors qu’il n’en est rien. La bombe avait été placée dans son sac par l’ex-copain de sa petite amie, Tom, un «p’tit gars bien de chez nous».

Créé à partir de conversations, «chorégraphies naturelles» et comportements typiques vus et entendus dans les transports en commun, ce spectacle théâtral qui utilise l’acrobatie et la danse à partir des sangles et barres d’un intérieur d’autobus ainsi que la vidéo retrace l’autopsie d’un drame de la vie quotidienne. On y suit le raisonnement de la coroner qui a eu à étudier cette tragédie. Aidée par Sandy (une jeune collégienne décédée dans le même autobus des années plus tôt), la coroner devra, tout au long du processus, se battre contre ses propres préjugés. À partir d’une carcasse d’autobus munie de poteaux, de sangles et de murs démontables, Marilyn Perreault a créé un spectacle théâtral où plusieurs individus s’entrechoquent dans un espace étroit soit par le mouvement dansé ou acrobatique. Elle met en scène, autant par le corps que les mots, les détresses et histoires personnelles que chaque individu transporte avec lui en société, comment celles-ci se bousculent et comment chacun arrive à les camoufler ou non dans le quotidien.

Le propos principal de cette pièce réside également dans la perception qu’on a de l’autre, du jugement qu’on porte si vite dans le quotidien. Apparence, langue et comportement sont des éléments que nous passons au peigne fin quand on a qu’une seconde pour se méfier ou non de quelqu’un, pour aimer ou non quelqu’un. On y parle aussi des médias, qu’ils soient sociaux ou non, qui s’enflamment, qui sont si instantanés, qui eux aussi jugent rapidement. Et finalement, Lignedebus parle d’amour, ces amours qu’on croise dans les transports en commun, auxquels on se retient de donner suite en se mordant les doigts. Des amours qui empoisonnent, qui libèrent, des amours envieux, des amours qui parfois font respirer mieux...

Outre le mouvement dansé et acrobatique développé à partir des «chorégraphies du quotidien» (déplacements contorsionnés dans un autobus bondé, entrée tonitruante d’un groupe de collégiens, etc.), la pièce rend compte aussi des nombreux «signaux» qui sortent d’un autobus par le biais de la projection vidéo. Un autobus, c’est un peu comme un fil d’actualité: une cinquantaine de personnes qui s’échangent des conversations, des photos et des vidéos par textos et courriels et dont les désirs et pensées s’entremêlent simultanément. Tout au long de la pièce, sont donc insérées sur et dans l’autobus des projections d’images tirées de téléphones intelligents et de caméras de surveillance en plus d’images préenregistrées. Ces images témoignent entre autres de ce qui s’est passé durant la tragédie et sont en quelque sorte le miroir du côté voyeur de notre époque. Elles montrent comment l’être humain, même s’il fait semblant de ne pas le faire, scrute son prochain, épie sa conversation au téléphone, compare sa vie avec l’autre et est parfois lui-même une véritable publicité ambulante.

EXTRAITS DE CRITIQUES:

«Rarement une pièce aura réussi à imbriquer aussi bien le cirque, la danse et le jeu. […] Le foisonnement thématique de la pièce est au diapason d’une mise en scène et d’une scénographie inventives : projections, vidéo, acrobaties, chorégraphies, scène démontable, apartés au public. […] on s’émeut, on s’amourache et on se fâche avec eux. […] La force de cette proposition théâtrale tient à une sorte de fatalisme, un désespoir latent. - MARIO CLOUTIER – LA PRESSE

«Marilyn Perreault n’a ni la réputation ni les moyens de Robert Lepage, mais quelle efficacité dans ce travail très habile de nous révéler les choses petit à petit […] très finement construit. […] On nous mène assez habilement pour que nous-mêmes, on soit victime de nos propres préjugés […] ça vaut le détour, c’est une des très très bonnes propositions. Sortez des sentiers battus.» MÉLANYE BOISSONNEAULT – RADIO-CANADA – ÉMISSION 15-18

«Ce qui frappe dans cet âpre ballet d’existences humaines, c’est la profonde unité de sens entre le texte et sa mise en image, en lumière et en mouvement. […] Bref, une entreprise ambitieuse pour une première mise en scène. Mais son artisane est douée. Et cet autobus-là, pour son trajet mouvementé et pour ses passagers acrobates, je vous recommande de le prendre.» MARIE-CHRISTINE HELLOT - REVUE DE THÉÂTRE JEU

«Coupable ou innocent, attentat terroriste ou accident, tchador ou simple foulard? Plus que jamais, le tribunal de l’opinion publique est prompt à juger. L’omniprésence des réseaux de communication soulageant notre besoin d’expliquer le malheur, les condamnations sommaires deviennent aussi instantanées que les médias qui les véhiculent. C’est ce pertinent constat qu’illustre Lignedebus.» MARIE LABRECQUE – LE DEVOIR

*** Ce spectacle peut être présenté aussi bien en ANGLAIS qu'en FRANÇAIS.
*** Bien que présentée habituellement en soirée, cette production a aussi connu de nombreuses matinées scolaires. Ainsi, elle peut aussi s'adresser à un public adolescent de 12 à 17 ans en matinée scolaire qu'à un public entièrement adulte en soirée.
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BELOW : ENGLISH VERSION OF THE INFORMATIONS

Sandy, Rachel, Jimmy, Daniela and Henry were inside a public bus when it exploded killing everyone on board. The first images of the incident showing up in the news and on social media came from a surveillance camera and some iPhone footage. It showed Jimmy, a young Arab, and his girlfriend Daniela jumping on the bus looking suspicious and carrying a backpack. Even before the investigation had begun, the media automatically linked the event to terrorism. Was this really the case?

Based on conversations and normal behavior seen and heard on public transit, the production examines how we perceive others and how quickly we pass judgment on people every single day. The play also examines news and social media, which are so hot-tempered, make rash judgments and draw hasty conclusions. Lastly, Bus Stops deals with love, the kind you come across and reluctantly choose not to pursue, love that poisons or frees you, love that is envious or at times like a breath of fresh air.

Through words or dance and acrobatic movement, Bus Stops exposes the many personal stories and anguish that most of us carry within ourselves in public and how they come to clash in a cramped environment full of straps, poles and sidebars. With video being projected on the sides of the bus, audiences see smart-phone and surveillance camera images or text messages that bear witness to the different phases of this tragedy.

REVIEWS :

«Rarely has a play managed so effectively to combine circus, dance and acting. […] Its many themes have been enhanced through creative staging and set designing: projections, video, acrobatics, choreographies, dismountable stage, direct interaction with the audience. […] the audience is moved, falls in love and is angered just like the characters are. […] Despondency or suppressed hopelessness is the driving force behind this drama. (transl.)» - MARIO CLOUTIER – LA PRESSE

Lignedebus

  • Théâtre I.N.K. 
  • Clientèle : Grand public 
  • Discipline : Théâtre 
  • Duree : 1 h 35 
  • Personnes sur scène : 7 
  • Groupe d'âge ciblé :  
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